En ce début d’automne et ses belles journées presque chaudes, les Rainettes arboricoles (Hyla arborea) chantent parfois en plein soleil. Le chant marque un territoire et ne possède pas du tout la même puissance ni signification que durant la saison de reproduction du printemps. Émis parfois en petits choeurs, il reste quand même sporadique, de courte durée et semble être émis au ralenti.
Nid d’un colibri (Ermite sp) dans la forêt guyanaise.
La question, « comment enregistrer le bruit de vol des oiseaux », a été posé dernièrement sur le forum www.sonatura.com, a laquelle j’ai répondu que seul le bruitage pouvait rendre plus vrai que nature. En effet le son que provoque le bruit des ailes (sauf quelques cygnes et canards) et presque inaudible à l’oreille nue. Donc il faut amplifier le signal et alors nous entrons dans la zone rouge du bruit de fond.
Pour illustrer mes propos voici l’exemple d’un colibri (Ermite) en Guyane, passant et même stationnant en vol devant les micros. Le bruit des gouttes d’eau est bien plus fort que la vibration des ailes, mais le rendu reste sympathique.
Chaque soir à la nuit totale un phénomène étrange, hors l’arrivée des Puffins cendrés ce fait entendre dans la végétation sèche des îles Lavezzi en ce début d’automne.
Voici de jour la photo du lieu et de la végétation où l’enregistrement qui suit à été fait de nuit. Au début j’ai cru entendre Ruspolia nitidula (Le Conocéphale gracieux), car la température fraîche (14°) me faisait penser à cette espèce au ralenti. Mais bien vite voulant l’enregistrer, impossible à approcher, la source sonore semble disparaître. C’est en utilisant deux micros en stéréophonie que je comprends que le son est émis en vol tournoyant. Cet insectes, car il ne peut s’agir d’autre chose crépite en vol. Après de nombreuses minutes de recherche impossible d’apercevoir l’émetteur.
J’en fait appel aux observateurs et entomologistes qui connaîtraient ce phénomène sonore vraiment très étonnant. J’ai pensé un certain temps à la Tuxale corse, commune sur l’île, mais mes souvenirs de l’espèce qui crépite sont diurnes et non nocturnes.
Les premières propositions arrivent, il pourrait s’agir d’un papillon de nuit du genre Ecaille. Voici la réponse de Julien (merci à lui et a Jean Jacques):
Moi je pencherai pour une écaille (papillon nocturne de la famille des Arctiidae). Plusieurs espèces de cette famille émettent des cymbalisations qui ressemblent bien à ce que tu as enregistré. Ca serait notamment une stratégie d’évitement de la prédation par les chiroptères en « brouillant » leur signal en quelque sorte.
J’en ai déjà entendu notamment en Corse et dans les Alpes maritimes.
La réponse est maintenant présente sur ce lien L’écaille pudique (Cymbalophora pudica)
Le Goéland à bec cerclé (Larus delawarensis) est américain voir sa fiche descriptive sur oiseaux.net , mais il est intéressant de connaitre son cri car chaque année des individus suite aux tempêtes se retrouvent en Europe. Le cri est intermédiaire entre celui du Goéland argenté (plus gros de taille) et le Goéland cendré (assez similaire de taille).
L’enregistrement qui suit a été réalisé en juin dans un port de la côte nord de Gaspésie au Québec et l’activité industrielle aux allentours explique les perturbations nombreuses. Photo faite à Montréal ou il fréquente les pelouses.
Mercredi 22 septembre 2010, dans l’émission « la tête au carré »
à l’occasion de l’exposition « Claude MONET » au grand palais du 22 septembre 2010 au 24 janvier 2011, Mathieu VIDARD, vous permettra d’entendre ce qui ce passe sous les « nymphéas » célèbre tableau du peintre, par l’intermédiaire de Tonio FISCHETTI et des sons enregistrés sous l’eau au bois de Vincenne et en Brenne par moi-même avec un hydrophone.
Voici quelques un de ces sons:
Vous pouvez en dèclanchant en mode aléatoire vous faire une petite séance d’électroacoustique.
La vision se partage entre le bleu sombre à reflets verts de la mer et le ciel d’un autre bleu, celui de l’infini, un bleu d’été particulier au ciel de la méditerranée. Depuis plusieurs heures nous scrutons l’horizon, cette ligne qui sépare les deux bleus. Parfois une voile ou une carcasse d’acier d’un navire vient rompre cette ligne infinie. Le saut d’un dauphin à l’étrave anime un petit moment l’attente, mais ce que nous espérons avant tout c’est un souffle, un autre souffle de vie celui du deuxième plus grand mammifère de la planète. Soudain, un cri se mélange au bruit du mât et du clapot des vagues,« Souffle droit devant », tout là-bas au loin un petit nuage de vapeur est apparu furtivement, nous filons droit dessus, il faudra de longues minutes pour le voir enfin prendre forme en un grand jet. L’animal est là, un Rorqual bleu qui ne laisse apparaitre que furtivement son dos et une petite nageoire dorsale. Il respire avec puissance et je peux entendre une sorte de son de grosse tuyauterie biologique qui expulse l’eau et aspire ensuite l’air. Plusieurs souffles d’affilée, puis le dos se cabre et la petite dorsale pointe vers le ciel avant de glisser et de disparaître dans la profondeur marine. Le coup de queue (qui ne sort pas de l’eau, malheureusement), propulse l’animal et laisse à la surface de l’eau une énorme zone plate, « le pas » qui reste comme une grande galette plusieurs dizaines de secondes. Dix, douze minutes d’attente et au loin à nouveau le souffle réapparaît, une dernière approche mais le temps de la rejoindre elle sonde à nouveau. Heureux de cette vision nous laissons l’animal car il est déjà temps de rentrer vers le monde terrestre.
Pas d’enregistrement de Rorqual, même du souffle, mais auparavant un cachalot nous indiquait sa présence par le son de ses écholocations, sortes de cliquetis dans la rumeur profonde de la mer.
Un nom bien étrange que ma fille m’a suggéré il y a quelques années. Ce son mystérieux provient des champs de posidonies entre quelques mètres et trente mètres de profondeur. Il s’agit probablement d’un poisson, et je fais appel aux connaisseurs des fonds méditerranéens pour identifier cette espèce. Les grondements ressemblent au croassement d’un amphibien , ils s’entendent à peu près toute la journée mais avec une amplification et un grand nombre d’émetteurs à la tombée du jour, puis les quelques heures qui succèdent alors que le fond est devenu sombre. Ils sont même audibles en baignade en plongeant la tête sous l’eau. Ces sons sont entendus sur milieux sableux mais aussi faiblement rocheux, particulièrement en présence de posidonies. Enregistrements réalisés avec un hydrophone B et K en mono. Vous pouvez aussi entendre de nombreuses crevettes dites « claqueuses ou pistolets », sorte de friture de disque vinyle et le clapot de l’arrière du bateau balancé par la houle.
Premier exemple en face du fort de Bregançon au mouillage dans 10 mètres de fond le 26 juillet
Deuxième exemple réalisé au mouillage avec vingt mètres de fond dans la baie de la Garonne près du Pradet le 27 juillet vers 21h30 alors que la nuit s’installe.
Le 26 juillet au large de Port-Cros, malgré une houle difficile à supporter le séjour de l’association CETUS (lien direct sur le nom) de 4 jours d’observation des cétacés de méditerranée nous permet d’observer longuement les Dauphins bleus et blancs (Stenella coeruleoalba). Une troupe de 150 ind nous fera la joie d’une longue observation et de quelques enregistrements avec un hydrophone (Nous étions deux bateaux et l’on peut entendre l’hélice du deuxième), des cliquetis réguliers, trilles et sons très aigus (là encore très amenuisé par la compression MP3).
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Un adulte et un grand jeune sous l’eau, puis plusieurs individus filant dans la houle (F Deroussen)
Pas de photo de l’oiseau très difficile à approcher mais le milieu particulier où on peut le rencontrer.
L’un des objectifs du séjour au Québec était de découvrir un oiseau particulier, la Grive de Bicknell (Catharus bicknelli), (cliquez sur le nom de l’oiseau pour connaitre sa biologie) présente sur quelques massifs montagneux de la chaine des Apalaches. Elle fréquente une zone forestière très particulière constituée de conifères rabougris et chétifs, étroits et serrés les uns contre les autres, dernière étape avant la limite de la zone toundra entre 700 et 800 mètres d’altitude dans le parc national de Gaspésie.
Nous la trouverons à deux reprises et autre particularité, elle chante très tard le soir et très tôt le matin (en juin) et sur une durée assez courte. Le chant ressemble beaucoup à celui des autres grives du genre Catharus, une sorte de phrase éraillée mais agréable et sonore.
Première matinée dans le parc national de Forillon à l’extrême pointe sud Est de la Gaspésie au Québec, il est quatre trente du matin, revenant d’un site d’enregistrement je découvre sur le bord de route au sommet d’un talus cet ours noir, oui oui bien celui de la photo.
L’animal se gave de fleurs de pissenlits. Je l’entends mâcher les végétaux, alors je sorts avec la parabole Telinga pro 6, étonné et peut-être un peu surpris, il se met à souffler. Je comprends vite qu’il y a un certain danger donc je reste à distance (20 mètres) et l’observe ensuite s’éloigner.
Plus de 200 ours fréquentent le parc de Forillon, et en trois jours j’ai fait 8 rencontres exceptionnelles.