L’automne est l’époque de migration des oiseaux de mer. Au large de la pointe de Barfleur, Fous de Bassan, divers goélands et mouettes , bernaches cravants, macreuses noires, labbes et alcidés filent vers le Sud-Ouest. Les sternes caugeks (Sterna sandvicensis) suivent le mouvement en famille. Le cri particulier des adultes « krieek » permet la cohésion et les cris aigus des jeunes quémandant stimulent la pêche des adultes.
Ambiance stéréo en cardio mkh, oiseaux à plus de 200 mètres.
Nid d’un colibri (Ermite sp) dans la forêt guyanaise.
La question, « comment enregistrer le bruit de vol des oiseaux », a été posé dernièrement sur le forum www.sonatura.com, a laquelle j’ai répondu que seul le bruitage pouvait rendre plus vrai que nature. En effet le son que provoque le bruit des ailes (sauf quelques cygnes et canards) et presque inaudible à l’oreille nue. Donc il faut amplifier le signal et alors nous entrons dans la zone rouge du bruit de fond.
Pour illustrer mes propos voici l’exemple d’un colibri (Ermite) en Guyane, passant et même stationnant en vol devant les micros. Le bruit des gouttes d’eau est bien plus fort que la vibration des ailes, mais le rendu reste sympathique.
Le Monticole bleu (Monticola solitarius) est commun sur les rochers de granit orangé des îles Lavezzi au Sud-Est de la Corse. En cette période automnale, les mâles au lever du jour chantent un babille agréable bien moins puissant que le chant de printemps, ressemblant plus au chant d’une fauvette qu’à un Turdidae. Le plumage est désordonné et tire plus sur le gris que sur le bleu sombre du printemps
Prise de son en stéréo ambiance, l’oiseau étant perché à plus de cinquante mètres. A noter que le chanteur est l’oiseau de la photo.
Le Goéland à bec cerclé (Larus delawarensis) est américain voir sa fiche descriptive sur oiseaux.net , mais il est intéressant de connaitre son cri car chaque année des individus suite aux tempêtes se retrouvent en Europe. Le cri est intermédiaire entre celui du Goéland argenté (plus gros de taille) et le Goéland cendré (assez similaire de taille).
L’enregistrement qui suit a été réalisé en juin dans un port de la côte nord de Gaspésie au Québec et l’activité industrielle aux allentours explique les perturbations nombreuses. Photo faite à Montréal ou il fréquente les pelouses.
Le Troglodyte mignon (Troglodytes troglodytes) est bien connu de nos jardins et bosquets, bois et forêts, tous les endroits ou le sol est couvert de buissons denses . Il se faufile comme une souris apparaissant parfois pour lancer sa puissante ritournelle. Saviez vous qu’il a fait une longue migration dans le temps en passant par le détroit de Behring pour venir conquérir une grande partie de l’Asie, de l’Europe et de l’Afrique du nord. Aujourd’hui donc une seule espèce (divisée en une multitude de sous-espèces) habite notre pays. Alors que sur le continent américain plus de 50 espèces de Troglodytes existent, dont le fameux Troglodyte mignon. J’ai pu l’enregistrer plusieurs fois au Québec et voici donc à l’écoute les différences, l’américain étant plus fluté et agréable que l’européen puissant et agressif.
Pointe du château en Côte d’Armor (Bretagne) le 03 juillet 2010, la marée est basse, sur un bord de talus (voir la photo) une colonie d’Hirondelle de rivage (Riparia riparia) c’est installée juste au dessus des galets. Je dépose une boite à son (ex piège à son) au centre de l’espace d’envol et d’arrivé des oiseaux puis de loin je surveille aux jumelles la suite des événements. Pas de vent, très peu de voitures, la mer basse et de rares avions, le rêve simplement. L’extrait sonore qui suit est un extrait des 40’00 récoltées.
Technique 4 micros cardio en croix sur magneto Sonosax SXR4. L’extrait proposé est en stéréo simple sur les deux micros avant.
Pas de photo de l’oiseau très difficile à approcher mais le milieu particulier où on peut le rencontrer.
L’un des objectifs du séjour au Québec était de découvrir un oiseau particulier, la Grive de Bicknell (Catharus bicknelli), (cliquez sur le nom de l’oiseau pour connaitre sa biologie) présente sur quelques massifs montagneux de la chaine des Apalaches. Elle fréquente une zone forestière très particulière constituée de conifères rabougris et chétifs, étroits et serrés les uns contre les autres, dernière étape avant la limite de la zone toundra entre 700 et 800 mètres d’altitude dans le parc national de Gaspésie.
Nous la trouverons à deux reprises et autre particularité, elle chante très tard le soir et très tôt le matin (en juin) et sur une durée assez courte. Le chant ressemble beaucoup à celui des autres grives du genre Catharus, une sorte de phrase éraillée mais agréable et sonore.
Ile de Bonaventure près de Rocher-percé au sud-est de la Gaspésie au Québec.
La SEPAQ www.parcsquebec.com gère la plus grande colonie de Fou de Bassan (Sula bassana) du monde (estimation 65 000 couples) avec un accès au public exceptionnel dans le plus grand respect des oiseaux. Un bateau vous dépose sur l’île de 9h00 à 17h00 et ensuite après une marche sur un sentier à l’ombre des sapins et de la forêt vous accédez à cet endroit magique. Le spectacle, visuel, sonore et odorant y est fabuleux. Les oiseaux sans la moindre crainte sont à portée de main et donc de microphone.
Ici une simple prise de son stéréophonique, mais ce jour là bien sûr j’ai enregistré sur quatre microphones.
Situé à l’est du Rhône et de la Camargue au dessus de Fos sur mer le marais de Vigueyrat est géré par le conservatoire du littoral. Accessible en partie au public il est possible d’y voir de nombreux oiseaux des marais, ainsi il accueil l’une des plus belle population de Butor étoilé (Botaurus stellaris) de France, une vingtaine de chanteurs recensés.
Voici en un coup de parabole (Telinga pro6) un résumé 360° de ce lieu exceptionnel.
C’est aussi dans les roselières inondées que l’on peut entendre la Lusciniole à moustaches (Acrocephalus melanopogon). Son chant plus doux que le Phragmite des joncs et plus mélodieux que la Rousserolle effarvatte commence régulièrement par des petites notes douces style dududududu montant caractéristique.